• Cette image est destinée à un public majeur.

    J'ai plus de 18 ans

    Une visite dans un bordel spécialisé dans les fantasmes sodomites de l'auteur ? Tribadisme entre deux amies ? Orgie échevelée au sein d'une famille des bas-fonds populaires ? Méthode d'éducateur en obscénité ? Qu'il s'agisse de prose, de théâtre ou d'études, l'effet reste le même : chez Louÿs, les configurations érotiques sont sans limite d'imagination et la crudité du langage propre à surprendre le plus aguerri des lecteurs contemporains. Un régal !

    Il n'est plus à démontrer que l'oeuvre érotique de Pierre Louÿs est la plus féconde et la plus subversive de la littérature française. Mais il reste encore une part importante d'inédits à publier : en effet, de nombreux textes disparurent au décès de l'auteur d'Aphrodite et de La Femme et le Pantin dans le « second rayon » de bibliophiles peu partageurs... Avec Les Soeurs à l'envers, la patience des lecteurs est enfin récompensée grâce à la perspicacité d'Alexandre Dupouy, dénicheur de manuscrits autographes, qui nous offre des pans encore jamais lus de la joyeuse et franche pornographie de cet incomparable érotomane.


    Édition établie, annotée et présentée par Alexandre Dupouy, illustrée de pages manuscrites de Pierre Louÿs.
    Contient : Les Soeurs à l'envers, Elle savait des raffinements, Vivienne et Made, Le Sentiment de la famille, Service de nuit, Fifi et Monsieur Luc et La Petite Méthode de vulve, seule ou à deux.

  • Le plus drôle des érotiques de Louÿs. Parodie obscène des manuels de savoir-vivre et mise à nu de l'hypocrisie des conventions sociales. Ces conseils aux petites filles furent encore interdits de publication en 1954.

  • Un jeune homme de vingt ans recontre sa jeune voisine sur le palier, laquelle s'offre à lui sans plus de cérémonie... si ce n'est qu'elle invitera ensuite sa mère...
    Seules les oeuvres de Sade ou certains textes de Bataille offrent un équivalent de ce livre qui ne respecte absolument aucun tabou et dont la crudité n'est plus recouverte par le voile de l'ironie. Les surréalistes plaçaient Trois filles de leur mère au plus haut de la littérature française. Il a été publié clandestinement en 1926.

  • Les chansons de Bilitis

    Pierre Louys

    « Dans une société où les maris sont la nuit si occupés par le vin et les danseuses, les femmes devaient fatalement se rapprocher et trouver entre elles la consolation de leur solitude. De là vint qu´elles s´attendrirent à ces amours délicates, auxquelles l´antiquité donnait déjà leur nom, et qui entretiennent, quoi qu´en pensent les hommes, plus de passion vraie que de vicieuse recherche.

    Alors Sapphô était encore belle. Bilitis l´a connue, et nous parle d´elle sous le nom de Psappha qu´elle portait à Lesbos. Sans doute ce fut cette femme admirable qui apprit à la petite Pamphylienne l´art de chanter en phrases rythmées, et de conserver à la postérité le souvenir des êtres chers. [...] elle nous a laissé en une trentaine d´élégies l´histoire de son amitié avec une jeune fille de son âge qui se nommait Mnasidika, et qui vécut avec elle. Déjà nous connaissons le nom de cette jeune fille par un vers de Sappô où sa beauté est exaltée : mais ce nom même était douteux, et Bergk était près de penser qu´elle s´appelait simplement Mnaïs. Les chansons qu´on lira plus loin prouvent que cette hypothèse doit être abandonnée.[...] Le jour où elle cessa d´être aimée, elle cessa d´écrire, dit-elle. Pourtant il est difficile d´admettre que les chansons de Pamphylie aient été écrites à l´époque où elles furent vécues. Comment une petite bergère de montagne eût-elle appris à scander ses vers selon les rythmes difficiles de la tradition éolienne ? On trouvera plus vraisemblable que, devenue vieille, Bilitis se plut à chanter pour elle-même les souvenirs de sa lointaine enfance... » Pierre Louÿs.

    Constantine, août 1894.

    Bilitis est également le titre du premier film de David Hamilton

  • On connaît mal les contes de Pierre Louÿs qui sont pourtant des joyaux d'intelligence, d'érudition et d'ironie. Celui qui donne son nom au recueil nous présente les déambulations d'une femme de l'antiquité revenue à la vie après des millénaires de sommeil.
    L'homme qui l'accueille va passer avec elle une nuit de plaisirs ponctués d'échanges érudits sur les progrès de l'humanité en matière de volupté : rien ne la convainc d'une réelle découverte dans ce domaine. Rien, sauf...
    Une histoire désormais incorrecte en ces temps d'objurgations sanitaires.
    Dans les autres contes, les femmes mises en scène, souvent jeunes ou très jeunes, découvrent avec stupéfaction ou joie les tourments que la vie peut réserver et de quelle façon l'amour et la mort sont liés.
    C'est d'une finesse sans égal !

  • Aphrodite de Pierre Louÿs Préface de Natacha Chetcuti Éditions Payot « Vous n´avez pas lu Aphrodite ! Alors qu´est-ce que vous faites entre les repas ? » François Coppée Démétrios est sculpteur, séducteur, blasé. Chrysis est courtisane, séductrice, en chasse. Elle aime qu´un homme la suive « comme un chien »... Le sculpteur devient le jouet de la courtisane. Pour elle, il vole, tue, parjure. Mais toujours Chrysis se refuse à lui. Une nuit, Démétrios rêve qu´il possède cette femme. Dès lors, il tient sa vengeance, le destin de Chrysis est scellé... Publié en 1896, ce roman de Pierre Louÿs (1870-1925) connut aussitôt un énorme succès grâce à un article enthousiaste de l´académicien François Coppée qui sut y voir l´oeuvre d´un très grand écrivain.

  • « Je veux démoraliser la vie privée de mes contemporains », proclamait Pierre Louÿs (1870-1925). Il s'y est activement employé, en composant une énorme quantité d'érotiques exhumés peu à peu après sa mort : romans, nouvelles, contes, dialogues, pièces de théâtre, manuels d'érotologie, lexiques, et des centaines et des centaines de poèmes libres. S'y ajoute une avalanche d'écrits autobiographiques, où Louÿs a mis en fiches, avec la plus extrême précision, sa propre vie sexuelle, comme l'étonnant Catalogue chronologique et descriptif des Femmes avec qui j'ai couché.
    Certains de ces textes étaient déjà connus du grand public : le roman Trois filles de leur mère, véritable sommet pornographique ; l'hilarant Manuel de Civilité pour les petites filles ; les espiègles quatrains de Pybrac. Mais le lecteur découvrira également ici un certain nombre d'inédits, notamment plus de deux cents poèmes.
    Notre corpus comprend par ailleurs un ensemble de textes très variés, parfois extrêmement audacieux (Manuel de Gomorrhe), qui révèle un Louÿs encyclopédiste du sexe, à la curiosité universelle, tour à tour historien, philologue, archéologue, ethnologue, anthropologue et folkloriste...
    Cette oeuvre absolument unique s'attache à dépasser sans cesse les limites avec une frénésie à laquelle le lecteur ne reste pas insensible.

  • 1896, Séville. Le carnaval, ses couleurs, sa fièvre, sa musique étourdissante. Au beau milieu de la foule, le regard d'un jeune touriste est captivé par une bouche sensuelle, mal dissimulée derrière un éventail. Mais Concha n'est pas femme à appartenir à un seul homme. Qu'André goûte à son charme venimeux, et elle lui fera boire le calice jusqu'à la lie. Ce chef-d'oeuvre de Pierre Louÿs inspira de nombreux films, et les plus belles actrices prêtèrent leurs traits à Concha Perez : Marlène Dietrich, Brigitte Bardot, Carole Bouquet.

  • 1892, Pierre Louÿs, alors poète novice accumule, quand il ne les réalise pas lui-même, des photographies érotiques voire pornographiques. Méticuleux, il lui semble indispensable de mettre en fiche tout ce qui concerne la sexualité. Il se consacre à la partie de l'anatomie féminine qui le fascine le plus : Le Cul de la Femme. Louÿs choisit un album de photographies à la reliure ordinaire. De sa plume il calligraphie les titres, les découpe, les colle en haut de chaque page et place les images sélectionnées à la suite, sans oublier de le signer. Il classe ainsi avec soin ses photographies, les ordonne, définit les positions plus ou moins académiques des modèles : « Retroussée », « Debout », « Hanchant », « Debout une jambe levée », « Position genu-pectorale », « Accroupie », « Suspendue »...
    Après son décès survenu en 1925, l'album est cédé pour quelques francs, mêlé à d'autres photographies obscènes. Il passe de main en main pour finir chez un libraire qui « a le client » : Michel Simon, qui comme Louÿs, amasse une collection unique autour de la pornographie. Au décès de l'artiste, l'album suit les dizaines de milliers de documents qui sont proposés sur le marché, soit aux enchères, soit à l'amiable de la fin des années 70 au début des années 80.
    C'est alors qu'il arrive entre les mains d'un libraire parisien spécialisé, Alexandre Dupouy. Afin de l'étoffer, ce dernier a sélectionné des images de la même époque, qui ont (ou ont pu) appartenir à Pierre Louÿs.

  • Poetique

    Pierre Louys

    A l'occasion des cent ans de sa publication, réédition de ce texte, introuvable depuis, dans lequel l'écrivain exprime sa conception de l'art poétique.

  • Il s'agit d'un roman totalement inédit de Pierre Louÿs qui s'inscrit dans la veine du célèbre Trois filles de leur mère. D'où les analogies de titres. Il met en scène un vieil amiral entouré de ses deux filles. Le roman est raconté du point de vue de Julien, leur professeur de morale. Les scènes érotiques se succèdent et montrent que ledit professeur, quoique expérimenté, se révèle moins averti que les jeunes filles qu'il prétendait initier, sans parler de leur mère et de la gouvernante, plus acharnées les unes que les autres au plaisir. Le narrateur se retrouve alors désarçonné. Le ton élégant du récit, joint à des dialogues d'une verdeur époustouflante, confère à l'ensemble une inimitable drôlerie. Les oeuvres érotiques de Pierre Louÿs ont rencontré un grand succès dans la collection Bouquins.
    L'édition est assurée par Jean-Paul Goujon, éminent spécialiste de cet auteur.

  • Pybrac

    Pierre Louys

    Avec Trois filles de leur mère, le Manuel de civilité et les Douze douzains de dialogues, Pybrac compte parmi les plus importants érotiques de Louÿs. Il fut publié "A Cythère, Au coq hardi", en 1927. Il s'agit d'une parodie des quatrains moralisateurs de Guy du Faur de Pibrac (1529-1586). Chacun commence par ces mots :
    "Je n'aime pas à voir". Suit un déluge d'obscénités d'une inventivité apparemment sans limites. On est ici dans la veine humoristique de Louÿs, qui malgré la crudité du propos, ne se départit jamais de la plus grande rigueur métrique et fait montre d'une maîtrise virtuose de l'alexandrin. Un quatrain au hasard :
    Je n'aime pas à voir la nièce consentante
    Qui douce et toute nue, et la main sur les yeux
    Darde sa langue au cul de son énorme tante
    Et pleurniche : "Maman, j'aime encore mieux le vieux."

  • Pierre Louÿs n'est pas que le maître de l'érotisme français. C'est aussi un merveilleux poète et un formidable polémiste.

    Dans les trois textes réunis ici, il part d'un projet de loi visant à créer un impôt sur... le célibat.
    Il n'en fallait pas davantage pour déclencher la verve d'un Pierre Louÿs qui en profite pour battre en brèche la morale d'une France conservatrice et patriarcale, encore très assujettie à la religion. Pour remédier à cette question du célibat, il propose ni plus ni moins un plaidoyer pour la libéralisation des moeurs, en fustigeant l'Etat qui refuse de protéger les filles-mères.
    Il se livre en suite à un plaidoyer pour une simplification des démarches administratives et une réduction des coûts pour accéder au mariage en partant de l'exemple d'un ouvrier dans « Un Fiancé ». Il prend l'exemple des pays anglo-saxons où les facilités d'accès au mariage ont permis une certaine prospérité et un boom des naissances. Chez Louÿs, chantre de la liberté des moeurs et à bien des égards d'une formidable avant-garde, le sérieux du propos est toujours renforcé par une ironie mordante.

  • Le Roi Pausole, souverain débonnaire, indécis et rêveur, mène une vie paisible à la tête de son harem de trois cent soixante-six femmes, jusqu'au jour où sa fille Aline s'enfuit avec une jolie danseuse déguisée en prince charmant. Accompagné de Giglio, page séducteur, et du Grand-Eunuque Taxis, qui incarne l'ordre moral et cite la Bible à tout propos, Pausole se lance sur les traces de la jeune femme... Ultime roman paru du vivant de Pierre Louÿs, Les Aventures du Roi Pausole (1901) est aussi la plus fantaisiste, la plus malicieuse, la plus drôle de ses oeuvres. Raillant tour à tour la bureaucratie, l'autorité injuste et le puritanisme, Louÿs, qui fut l'un des écrivains les plus subversifs de son temps, y propose une vibrante exaltation du plaisir et de la sensualité. Utopie libertine, conte satirique et récit autobiographique tout à la fois, cet incroyable petit roman fut salué à sa sortie par Alfred Jarry et par Claude Debussy, qui en fit l'éloge : " Ça vous a une façon hautaine de garder ses distances, qui me plaît infiniment. C'est surprenant de délicatesse ".

  • Voici, sans conteste, le chef-d'oeuvre érotique de Pierre Louÿs, peut-être le chef-d'oeuvre tout court. La force de ce roman ne vient pas de son éventuelle valeur biographique, mais bien de la transgression constante qui s'y manifeste, écrit Jean-Paul Goujon. Roman exemplaire, en ce qu'il contient tous les thèmes érotiques chers à l'écrivain, élevés à une singulière puissance. On y retrouve aussi les qualités maîtresses du style de Louÿs : la vivacité des dialogues, la précision du langage, l'ironie de certaines répliques, l'acharnement avec lequel sont sans cesse repris et répétés certains mots obscènes. Pour le reste, ce livre scandaleux constitue la profanation et la dérision la plus totale de cet univers bourgeois auquel appartient l'auteur. Suivent : Douze douzains de dialogues, texte rare qui n'avait pas été réédité depuis sa publication dans l'oeuvre érotique de Pierre Louÿs, et dont c'est la première édition au format de poche, et le célèbre Manuel de civilité pour les petites filles.

  • Paroles

    Pierre Louys

    • Allia
    • 14 Juillet 1998

    Accompagnées de quinze photographies anonymes suivies de "Pierre Louys, moderne involontaire" par Guillaume Leingre.

  • La fausse esther

    Pierre Louys

    • Finitude
    • 8 Novembre 2004


    une jeune hollandaise découvre qu'elle est, sous la plume de balzac, un personnage de roman.
    honoré de balzac apprend que sa création, cette esther gobseck qu'il veut danseuse à l'opéra, est en réalité philosophe en hollande. il ne peut pourtant y avoir erreur !. monsieur de balzac a toujours raison ! cette étrange histoire, pierre louÿs la découvre en lisant le journal autographe d'esther, qu'il achète chez un bouquiniste. c'est en tout cas ce qu'il nous assure dans ce conte bien singulier qu'il imagine et publie en 1903.
    en présentant aujourd'hui ce faux véritable journal d'esther avec toutes les apparences d'un vrai, nous ne faisons que donner un semblant de réalité à un récit qui fausse une vraie fiction. a moins que ce ne soit le contraire, les apparences sont si souvent trompeuses.

  • Pierre Louÿs, également connu sous les noms de Pierre Louis, Chrysis, Peter Lewys et Pibrac, est un poète et romancier français. André Gide fut son camarade de classe à l'École alsacienne. Ils rejoignirent par la suite le mouvement du Parnasse et publièrent dans la revue La Conque, créée par Louÿs. Ce dernier, tout au long de sa vie, doubla ses oeuvres sérieuses d'une version coquine, voire pornographique.
    Douze douzains de dialogues ou petites scènes amoureuses est une suite de 144 petits textes érotiques (douze douzains), écrits entre 1894 et 1899. À travers ces dialogues truculuents et non dénués d'humour, entre protagonistes décomplexés, Piere Louÿs dresse un joli catalogue de penchants sexuels divers et variés. La forme de ces douzains serait inspirée du Dialogue des courtisanes de Lucien de Samosate, satiriste de l'Antiquité grecque.

  • Le femme et le pantin

    Pierre Louys

    • Edite
    • 4 Septembre 2010


    cette édition comprend un cahier photos tirées des images du film et des images prises pendant le tournage.
    écrit en trois semaines, publié en feuilleton au printemps 1898, la femme et le pantin de pierre louis - pendant du lolita
    de nabokov -, a traversé le vingtième siècle sans prendre une ride. même si on ne l'a pas lu, on sait plus ou moins que le roman raconte l'histoire d'un homme mûr qui tombe fou amoureux d'une jeune femme, laquelle lui promet tout,
    sans jamais rien lui accorder.
    c'est bien le sujet, à un détail près : dans le roman, don mateo diaz a trente-sept ans.
    et concha perez douze ou treize maximum. de nos jours, don mateo serait convaincu de pédophilie, et l'auteur aurait des chances d'être poursuivi en justice. cent neuf ans s'étant écoulés, il y a prescription,
    d'autant que don mateo paie très cher ses mauvais penchants : la gamine va le briser.
    le théâtre dès 1911, l'opéra en 1928, le cinéma à partir de 1920, se sont pris d'amour pour ce roman, en l'adaptant.

    le dernier avatar du livre est un téléfilm éponyme.
    don mateo diaz est devenu charles matheo, un homme mûr, formidablement incarné par roger hanin.

  • Pierre Louÿs (1870-1925), poète et romancier rattaché au courant symboliste, livre ici trois contes inspirés par la mythologie antique, publiés dans Le Crépuscule des Nymphes en 1925.

    Lêda ou la louange des bienheureuses ténèbres conte "l'histoire du Cygne et de la petite nymphe qui vivait sur les bords du fleuve Eurotas." Danaë ou Le malheur est un récit dans lequel les mirages de l'amour idéalisé sont exposés avec ironie. Byblis ou L'enchantement des larmes raconte les amours interdites de Caunos, fils de la nymphe Cyanée, et de sa soeur Byblis.

  • Aphrodite

    Pierre Louys

    Le personnage féminin qui occupe la première place dans le roman qu'on va feuilleter est une courtisane antique, mais, que le lecteur se rassure : elle ne se convertira pas. Elle ne sera aimée ni par un moine, ni par un prophète, ni par un Dieu. Dans la littérature actuelle, c'est une originalité. Courtisane, elle le sera avec la franchise, l'ardeur et aussi la fierté de tout être humain qui a vocation et qui tient dans la société une place librement choisie ; elle aura l'ambition de s'élever au plus haut point ; elle n'imaginera même pas que sa vie ait besoin d'excuse ou de mystère : ceci demande à être expliqué.


    Jusqu'à ce jour, les écrivains modernes qui se sont adressés à un public moins prévenu que celui des jeunes filles et des jeunes normaliens ont usé d'un stratagème laborieux dont l'hypocrisie me déplaît : "J'ai peint la volupté telle qu'elle est, disent-ils, afin d'exalter la vertu". En tête d'un roman dont l'intrigue se déroule à Alexandrie, je me refuse absolument à commettre cet anachronisme.

  • Une romance sulfureuse dans la torpeur de l'Andalousie...POUR UN PUBLIC AVERTI. En Andalousie, au carnaval de Séville, le jeune français André Stévénol rencontre une belle fille, Concha Perez, dont il s'entiche rapidement et obtient un rendez-vous. Entre-temps, André rend visite à un de ses amis, Don Mateo, qui le met en garde et lui raconte sa propre aventure malheureuse avec la perfide Concha. Cependant, l'appel du désir sera plus fort et le jeune homme va tenter le diable... La femme fatale du roman inspirera un grand nombre de cinéastes : Jacques de Baroncelli en 1928, Joseph von Sternberg ¿ avec Marlène Dietrich ¿ en 1935, Julien Duvivier avec Brigitte Bardot en 1959, Luis Buñuel en 1977 avec Carole Bouquet et Fernando Rey.Publié en 1898, ce roman érotique est devenu un classique du genre et le chef-d'¿uvre de Pierre Louÿs.EXTRAITÀ la fin, contraint de demeurer et cependant incapable de se taire plus longtemps, il fit preuve d¿une jeunesse peut-être un peu récente en tenant à son hôte ce discours imprévu :¿ Don Mateo, vous avez toujours été pour moi un homme d¿excellent conseil. Voulez-vous me permettre de vous confier un secret et de vous demander un avis ?¿ Tout à votre disposition, dit à l¿espagnole Mateo en se levant de table pour passer au fumoir.¿ Eh bien... voici... c¿est une question... balbutia André. Vraiment à tout autre qu¿à vous je ne la poserais pas... Connaissez-vous une Sévillane qui s¿appelle doña Concepcion Garcia ?Mateo bondit :« Concepcion Garcia ! Concepcion Garcia ! Mais laquelle ? Expliquez-vous ! il y a vingt mille Concepcion Garcia en Espagne ! C¿est un nom aussi commun que chez vous Jeanne Duval ou Marie Lambert. Pour l¿amour de Dieu, dites-moi son nom de jeune fille. Est-ce P... Perez, dites-moi ? Est-ce Perez ? Concha Perez ? Mais parlez donc ! »André, complètement bouleversé par cette émotion soudaine, eut un instant le pressentiment qu¿il valait mieux ne pas dire la vérité mais il parla plus vite qu¿il ne l¿eût voulu, et, vivement, répondit :« Oui. »À PROPOS DE L'AUTEURPierre Louÿs (1870-1925), né à Gand et mort à Paris, est un poète et romancier français, également illustre sous les noms de plume Chrysis, Peter Lewys et Pibrac. Il fonde en 1891 la revue littéraire La Conque, où sont publiées les ¿uvres d'auteurs parnassiens et symbolistes, parmi lesquels Mallarmé, Moréas, Verlaine ou encore Leconte de Lisle. Outre Aphrodite, La Femme et le pantin ou encore Les Aventures du Roi Pausole, Pierre Louÿs a rédigé de nombreux romans érotiques, peu à peu révélés à titre posthume.À PROPOS DE LA COLLECTIONRetrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces ¿uvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement. Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

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