• « La porte du voyage sans retour » est le surnom donné à l'île de Gorée, d'où sont partis des millions d'Africains au temps de la traite des Noirs. C'est dans ce qui est en 1750 une concession française qu'un jeune homme débarque, venu au Sénégal pour étudier la flore locale. Botaniste, il caresse le rêve d'établir une encyclopédie universelle du vivant, en un siècle où l'heure est aux Lumières. Lorsqu'il a vent de l'histoire d'une jeune Africaine promise à l'esclavage et qui serait parvenue à s'évader, trouvant refuge quelque part aux confins de la terre sénégalaise, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant de légendes.

    S'inspirant de la figure de Michel Adanson, naturaliste français (1727-1806), David Diop signe un roman éblouissant, évocation puissante d'un royaume où la parole est reine, odyssée bouleversante de deux êtres qui ne cessent de se rejoindre, de s'aimer et de se perdre, transmission d'un héritage d'un père à sa fille, destinataire ultime des carnets qui relatent ce voyage caché.

  • Frère d'âme

    David Diop

    Moi, Alfa Ndiaye, dernier fils du vieil homme, j'ai vu les obus malicieux, les ennemis aux yeux bleus, le ventre ouvert de mon plus que frère, Mademba. Par la vérité de Dieu, j'ai entendu le capitaine Armand et son sifflet de mort, les cris des camarades. Ils disent que je mérite une médaille, que ma famille serait fière de moi. Moi, Alfa Ndiaye, dernier fils du vieil homme, je suis tirailleur sénégalais.

  • Ce roman retrace le parcours d'une délégation de onze personnes venues du Sénégal à l'Exposition universelle de Paris de 1889. Il échouent à Bordeaux dans un petit cirque dont le directeur cherche à les contraindre de participer à un spectacle de nègres. Quelques personnages vont s'insurger contre sa tenue, Raphaël, un jeune medecin et Violette, la fille du député. A la fin du roman, le spectacle qui se donne n'est pas celui que l'on attendait.

  • Cette étude montre que la transposition littéraire des paroles africaines leur donne des allures de prosopopée. Puisant leur inspiration dans les récits de voyage, les textes abolitionnistes fixeront une rhétorique nègre significative des représentations générales de l'Africain au XVIIIe siècle.

  • Il est rare que s'allient la maîtrise du verbe et la profondeur de l'émotion, que s'accordent la distance et le don.
    En cette harmonie paradoxale le meilleur se révèle. la parole de david diop témoigne de ce lieu admirable et difficile. david diop savait l'afrique par coeur, au plus profond d'elle-même, en ses sources vives, en son peuple, c'est-à-dire en sa vérité. il la connaissait en sa fragilité et en ses caricatures, avatars d'une afrique vendue et exploitée aux marchés de l'histoire. le poète vivait cette tension, lourd de cette souffrance, mais porté en avant par l'espoir que la vitalité des peuples d'afrique inspire.
    Cette double postulation marque sa démarche d'écrivain négro-africain engagé, lucide et rigoureux en son combat. c'est pourquoi ces textes beaux et fiers restent si proches de nous, fraternels et toujours exemplaires.

empty