Parascolaire

  • La Métamorphose révèle une vérité méconnue, les conventions disparaissent, les masques tombent. Le récit qui porte ce titre est un des plus pathétiques et des plus violents que Kafka ait écrits ; les effets en sont soulignés à l'encre rouge, les péripéties ébranlent les nerfs du lecteur. C'est l'histoire, « excessivement répugnante », dit l'auteur, d'un homme qui se réveille changé en cancrelat. Cette transformation est un châtiment imaginaire que Kafka s'inflige. Et son personnage est celui qui ne peut plus aimer, ni être aimé : le conflit qui se déroule dans une famille bourgeoise prend une ampleur mythique. Seuls quelques éléments comiques ou grotesques permettent de libérer de l'oppression du cauchemar.

  • Depuis dix ans, Ulysse, roi d'Ithaque, erre sur les mers. Il a affronté le Cyclope, résisté au chant des Sirènes, déjoué les pièges de Circé et de Calypso... Mais Ulysse «aux mille ruses» ne s'avoue jamais vaincu. Et c'est déguisé en mendiant qu'il revient en son royaume pour se débarrasser des prétendants qui cherchent à lui ravir son trône.

  • Ce matin, Nicolas se fait beau. C'est le jour de la photo de classe. Mais les enfants font des bêtises. Le photographe s'énerve... Et rien ne se passe comme prévu...

  • Le papa de Nicolas a promis: si Nicolas fait zéro faute à la dictée, il aura un train électrique! Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu...

  • Nicolas ne veut pas aller à la cantine! Mais il s'y amuse tant qu'il ne veut pas retourner à la maison le midi... La cantine, c'est chouette !

  • Nicolas est ravi: il va avoir un vélo! Mais Monsieur Blédurt, le voisin, propose au papa de Nicolas de faire la course... Quand les adultes font des bêtises, ils ont intérêt à les réparer !

  • Thérèse Raquin

    Emile Zola

    Le Figaro du 23 janvier 1868 à propos de Thérèse Raquin : « C'est le résidu de toutes les horreurs. Le sujet est simple, le remords physique de deux amants qui tuent le mari mais qui, ce mari tué, n'osent plus s'étreindre, car voici le supplice délicat qui les attend : "Ils poussèrent un cri et se pressèrent davantage, afin de ne pas laisser entre leur chair de place pour le noyé. Et ils sentaient toujours des lambeaux de Camille, qui s'écrasait ignoblement entre eux." Enfin, un jour, ces deux forçats de la morgue tombent épuisés, empoisonnés, l'un sur l'autre, devant le fauteuil de la vieille mère paralytique, qui jouit intérieurement de ce châtiment par lequel son fils est vengé... Forçons les romanciers à prouver leur talent autrement que par des emprunts aux tribunaux et à la voirie.»

  • La peste règne à Thèbes. Pour mettre fin à l'épidémie, l'oracle de Delphes réclame que soit puni le meurtrier de l'ancien roi Laïos. Au fil des interrogatoires, Oedipe mène l'enquête et découvre la vérité sur ses origines : les destin tragique rejaillit sur chacun, Jocaste se pend et lui-même se crève les yeux.

  • En 1953, le magazine américain the reader's digest demanda à giono d'écrire quelques pages pour la rubrique bien connue " le personnage le plus extraordinaire que j'aie jamais rencontré ".
    Quelques jours plus tard, le texte, tapé à la machine, était expédié, et la réponse ne se faisait pas attendre : réponse satisfaite et chaleureuse, c'était tout à fait ce qui convenait. quelques semaines passèrent, et un beau jour giono descendit de son bureau. son visage reflétait la stupéfaction. il venait de recevoir une deuxième lettre du reader's digest, d'un ton bien différent de la première : on l'y traitait d'imposteur...
    Giono trouvait la situation cocasse, mais ce qui dominait en lui à l'époque, c'est la surprise qu'il puisse exister des gens assez sots pour demander à un écrivain, donc inventeur professionnel, quel était le personnage le plus extraordinaire qu'il ait rencontré, et pour ne pas comprendre que ce personnage était forcément sorti de son imagination...

  • « Rien n'a plu davantage dans les lettres persanes, que d'y trouver, sans y penser, une espèce de roman. On en voit le commencement, le progrès, la fin : les divers personnages sont placés dans une chaîne qui les lie. À mesure qu'ils font un plus long séjour en Europe, les moeurs de cette partie du monde prennent, dans leur tête, un air moins merveilleux et moins bizarre : et ils sont plus ou moins frappés de ce bizarre et de ce merveilleux, suivant la différence de leurs caractères. Dans la forme de lettres, l'auteur s'est donné l'avantage de pouvoir joindre de la philosophie, de la politique et de la morale, à un roman ; et de lier le tout par une chaîne secrète et, en quelque façon, inconnue. »
    Montesquieu.

  • LE COMTE, seul, marche en rêvant.
    J'ai fait une gaucherie en éloignant Bazile !... la colère n'est bonne à rien. - Ce billet remis par lui, qui m'avertit d'une entreprise sur la Comtesse ; la camariste enfermée quand j'arrive ; la maîtresse affectée d'une terreur fausse ou vraie ; un homme qui saute par la fenêtre, et l'autre après qui avoue... ou qui prétend que c'est lui... Le fil m'échappe. Il y a là-dedans une obscurité... Des libertés chez mes vassaux, qu'importe à gens de cette étoffe ? Mais la Comtesse ! Si quelque insolent attentait... Où m'égaré-je ? En vérité, quand la tête se monte, l'imagination la mieux réglée devient folle comme un rêve ! - Elle s'amusait : ces ris étouffés, cette joie mal éteinte ! - Elle se respecte ; et mon honneur... où diable on l'a placé !
    (Acte III, scène 4)

  • Du Roman de Renart, ensemble de récits (les «branches») composés aux XIIe et XIIIe siècles, la Pléiade propose, principalement d'après un manuscrit inédit, une édition intégrale et bilingue (ancien français / français moderne). À l'origine de ces récits, une faute inexpiable, le viol par Renart de l'épouse d'Isengrin. Au centre, le goupil, universel trompeur. Autour de lui, des animaux qui jouent aux hommes : sans rien perdre de leur animalité, le loup Isengrin, le chat Tibert, le cerf Brichemer, barons du roi Noble, usurpent les dignités et le langage humains. Leurs valeurs ? l'intérêt, le désir, la volonté de puissance : les moeurs du temps et les travers des hommes trouvent dans le travestissement animal un miroir sans pitié. Ce qui les pousse à agir ? la faim. C'est parce qu'il faut manger que Renart se lance dans des aventures violentes, dont la puissance comique ne fait pas oublier l'extrême cruauté. Cruauté des situations, des gestes, des sentiments, cruauté des gabs, ces paroles lancées aux vaincus. Car le Roman de Renart est aussi le roman de la parole. Instrument de la ruse, arme des faibles (sans elle, un renard ne saurait vaincre un loup), la parole, ici, ne se soucie pas de vérité. Elle méconnaît les repères habituels du bien et du mal. Elle permet à qui la maîtrise - et nul ne la maîtrise mieux que Renart - de nier l'évidence, de triompher de la force et d'échapper toujours au châtiment. Les malheureux qui reçoivent les nombreuses «confessions» du goupil en savent quelque chose : écouter Renart, c'est, déjà, être sa victime.

  • Guy de Maupassant (1850-1893), commis au ministère de la Marine puis au ministère de l'Instruction publique, publie la première de ses nouvelles en 1875 dans L'Almanach lorrain de Pont-à-Mousson. La dernière paraîtra en janvier 1891 dans Gil Blas. Son entrée en littérature s'accomplit sous la protection de Gustave Flaubert qui le guide, l'encourage. Le tout jeune écrivain pénètre dans le cercle des écrivains naturalistes ou réalistes. Il rencontre Tourgueniev, Émile Zola - il donne Boule de Suif pour le recueil Les Soirées de Médan aux côtés de Huysmans (Sac au dos) et d'Émile Zola (L'Attaque du moulin). En dix ans, pendant les années 1880, outre ses trois cents nouvelles, il publie six romans.Rongé par la syphilis, il fait une tentative de suicide dans la nuit du 1er janvier 1892. Interné à la clinique du docteur Émile Blanche, il meurt de paralysie générale le 6 juillet 1893.Dans ses Contes et Nouvelles, Maupassant décrit aussi bien l'univers sordide de la campagne normande, que les caractères et les attitudes de « bon bourgeois » avec une ironie violente. Sa vision des femmes, victimes des hommes (les amours ancillaires, le viol), ou victimes de l'amour est d'une noirceur désespérée.Quarto, qui reprend l'établissement des textes de La Pléiade, propose ce remarquable ensemble en un volume parfaitement lisible sur le modèle typographique de La Recherche du temps perdu - contrairement aux ouvrages de la concurrence, soit incomplets, soit peu lisibles.

  • Le jeune Perceval est élevé par sa mère à l'abri du monde. Le jour où il rencontre dans la forêt des chevaliers aux armures étincelantes, sa décision est prise : il sera lui aussi chevalier ! Il se rend aussitôt au château du roi Arthur. Mais pour atteindre son idéal, Perceval va devoir affronter mille dangers et percer le mystère du Graal, ce vase sacré aux pouvoirs miraculeux.

  • Pourquoi Crastaing, notre prof de français, nous fait-il si peur ? Pourquoi terrorise-t-il Pope, mon père lui-même ? Qu'est-ce que c'est que cette épidémie après son dernier sujet de rédaction ? Un sujet de rédaction peut-il être mortel ? Un sujet de rédaction peut-il massacrer une classe tout entière ? Qui nous sauvera de cette crastaingite aiguë ? Kamo ? Kamo ! Si Kamo n'y arrive pas, nous sommes perdus !

    Daniel Pennac n'est pas un acteur, c'est un conteur. Il sait tour à tour vous faire rire et vous émouvoir. Sa voix chaleureuse épouse avec tendresse son texte, qu'il sert comme personne.

    L'écoute en classe de ce CD est autorisée par l'éditeur.

  • Pourquoi Sheherazade raconte-t-elle autant d'histoires ? C'est parce que, tant qu'elle tient son auditoire en haleine, on ne la tuera pas. Et c'est un monde étonnant et agité qui voit le jour grâce à ce contrat. Quand Ali Baba découvre un trésor caché, dans une caverne, en prononçant la formule « Sésame, ouvre-toi ! », quarante voleurs, jaloux et habiles, décident de l'assassiner... Au fil de ces récits merveilleux, vous vous promènerez dans des villes exotiques, des jardins parfumés, des palais royaux et des rues marchandes... À moins que vous ne soyez enfermés dans un cachot ! Même là, le dépaysement est assuré.
    L'accompagnement pédagogique remonte le temps jusqu'au VIIIe siècle, pour retrouver, à Bagdad, les origines du texte mythique que sont Les mille et une nuits. Le commentaire, rythmé par des études lexicales et des groupements de textes, décrypte de façon claire les ressorts de l'intrigue et interroge les spécificités du conte : objets magiques, caractères des personnages, lieux sont analysés. On comprend mieux, dès lors, la postérité des Mille et une nuits.
    Contes (VIIIe siècle) recommandés pour la classe de sixième. Textes choisis.

  • «Qu'est-ce que la poésie de Marceline Desbordes-Valmore, dans ces années de 1830 à 1850 qui voient aussi le triomphe - comme l'on dit - des grands écrivains, et des peintres, du romantisme ? Au premier abord, une langue et des catégories de pensée qui ne se distinguent plus guère de celles de tous les jours : le projet d'art, s'il en fut un, est bien renoncé, et le rythme qui mène ces longues strophes peut paraître ne remuer que la surface du monde, et ajouter au péché de banalité celui de l'éloquence facile. Du point de vue de l'être propre des femmes, de leur droit à un sentiment et une parole, celle qui parle ici semble, de surcroît, avoir bien trop consenti aux limitations et aux charges que la société leur impose. Et la religion qu'elle crie les jours où le malheur frappe, on dirait bien qu'elle est demeurée, sans changement appréciable, ce christianisme des femmes, surtout des mères, où il n'y a de permis que douleur et renoncement. - Mais au coeur même de ces poèmes qu'on trouve parfois négligés - ma plume court, dira volontiers Marceline - et qui manquent certainement de tout désir de composition, apparaît ce qu'on ne peut dire autrement que par l'idée de lumière. Comme si les mots retrouvaient une intensité, une qualité d'évidence qui seraient en puissance dans chaque chose, un vers puis un autre et un autre encore se détachent de la méditation ou du souvenir, illuminant comme d'une foudre l'horizon entier de la terre.»Yves Bonnefoy.

  • À Paris, dans le quartier des Batignolles, on découvre un petit vieux assassiné chez lui. Des lettres tracées dans son sang désignent le meurtrier.
    Mais Méchinet en a vu d'autres ! Assisté de Godeuil, un jeune étudiant en médecine, le policier émet quelques réserves sur cette culpabilité toute trouvée...
    Commence alors une palpitante enquête pour réfuter l'évidence : indice après indice, la vérité se fait jour, tandis que le suspect s'obstine à revendiquer le crime.

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