Christian Bourgois

  • Nous sommes en France, à la fin des années 1990. Dans une ville de banlieue pavillonnaire, une adolescente regarde passer les trains qui filent vers la capitale. Elle a des projets plein la tête : partir, devenir hôtesse de l'air ou avocate et surtout, plus urgent, s'acheter des vêtements de marque. Mais comment faire quand on n'a pas assez d'argent de poche et que la vie dont on rêvait se révèle être un champ de cactus??
    Pour le moment, sa famille vacille et ses repères sont chamboulés. En très peu de temps, sans renoncer à ses désirs, elle devra tout apprendre : comment classer ses pensées, tenir tête à ses copines, assumer des responsabilités trop grandes pour elle et vivre ses premières expériences sexuelles.
    Si l'adolescence est une ligne de crête menant à l'âge adulte, l'attachante héroïne de Grande Couronne s'y tient en équilibriste, oscillant entre le trivial et le terrible. Mais elle a une arme : une vision au laser grâce à laquelle elle dresse un tableau de son époque et de ses émotions aussi drolatique qu'impitoyable.

  • « On hérite une fortune. Ou une entreprise. Ou une maison. Ou une maladie. Ou une ethnie avec sa charge historique et mentale. C'est ce qu'illustrent les habitants qui pendant un siècle se succèdent et se côtoient dans la villa Séléné, hantée par son premier propriétaire, le pendu. Ce sont, pour n'en citer que quelques-uns, Félix Méry-Chandeau, bibliophile et joueur de roulette russe ; Constance Azaïs, belle dévote torturée par le doute ; Claire Pons qui peint ses visions ; le sordide couple Vandelieu ; l'inspecteur Mausoléo et Andrée, sa femme qui selon le mot d'Oscar Wilde, tue ce qu'elle aime ; ce sont les émigrés juifs réfugiés dans les caves du sous-sol ; le fossoyeur Jérôme Labille et l'évocatrice des morts ; Hugo, le déserteur allemand et sa compagne Antoinette cachés dans les combles ; Mauricette la Martiniquaise ; les soeurs féministes et leur duel d'araignées ; Joseph, le pharmacien exhibitionniste ; l'égyptologue James Marshall Wilton ; Cédric le sidéen et son seul ami, le rat Astérix... Cent ans et deux guerres. Cent ans et quelques destinées dans la vie d'une maison. ».
    G.W.

  • « Je n'ai jamais été bavard de mon vivant. Maintenant que je suis dans un cercueil, j'ai toute latitude de soliloquer. Depuis que le couvercle s'est refermé sur moi, je n'ai qu'une envie : me justifier, définir mon rôle dans les événements survenus, donner quelques clés pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui n'est qu'un fait divers. Je n'ai pas un penchant au regret, mais il me faut faire mon examen de conscience, si inutile qu'il soit désormais. Le souvenir que je laisse est celui d'un partisan des solutions hybrides, habitué à ajourner, soucieux de n'exaspérer personne, de ne pas empirer les choses en manquant de diplomatie. Je ne suis pas un de ces vieux hiboux formalistes, ni un de ces faiseurs d'embarras toujours persuadés d'être supérieurs à tout le monde. Non, j'ai veillé à ne pas incommoder mes proches, pas seulement par horreur des dissensions domestiques, mais parce que je ne suis pas un homme à problèmes. »

  • Il y a 500 ans, Léonard de Vinci mourait à Amboise dans le manoir offert par François Ier pour qu'il vienne se mettre à son service. Léonard était arrivé en France trois ans plus tôt, accompagné de ses assistants et surtout avec la Joconde, qu'il vendit au roi. C'est le début d'un mythe dont 500 ans n'ont pas diminué la force, comme en témoignent les célébrations de 2019 et les visiteurs qui se pressent aujourd'hui devant les oeuvres, avant les foules qui vont se précipiter à la grande exposition qui ouvrira au Louvre au mois d'octobre.
    Adieu Léonard ! est à la fois un essai et un récit, celui d'un homme, un personnage, un amateur de peinture que la perspective du cinq-centenaire pousse un jour à revoir les oeuvres de Léonard. On le suit depuis sa première visite au Louvre, dans un cheminement répété à travers le musée pour s'interroger sur le sens du phénomène Vinci, dans sa vie imprégnée d'une culture façonnée par l'école et l'Histoire de France. Pour s'interroger sur l'oeuvre aussi, en regard de celles de ses contemporains, sur la place qu'on aurait pu lui accorder avec mesure dans la peinture de la Renaissance, si un détournement mythologique n'avait pas empêché de le faire.
    Un essai par la méditation intérieure du personnage et un récit de voyage sur les lieux où il va s'interroger, du Louvre au Clos Lucé, de Paris en Amboise, puis à Florence et Vinci, là où Léonard est né, s'est formé et a terminé sa vie. Un voyage dans ce que l'artiste a vu, les paysages réels et leurs représentations par les uns et les autres, campagnes et jardins, villes et villages, églises et châteaux..., une anamnèse, un retour aux sources, celles de Léonard et tout autant celles d'un amateur d'art, héritier d'une histoire nationale qu'on a voulue illustrée par la Joconde.

  • " ces virginales ont pour commune matière l'inconscient éveil des sens, l'innocence de la dixième année, l'univers des signes, des illusions et des lois de l'enfance, lorsqu'elle se risque aux jeux interdits.
    L'amour, la mort, les mots, la forme et le sens des objets usuels se chargent de mystère. une vie parallèle, fabulatrice, merveilleuse, s'épanouit en marge de la vie adulte. l'enfance étant naturellement impudique, curieuse des corps, ses joies et ses jeux abondent en façons animales, en ébauches sensuelles à peine devinées, toujours insatisfaites. traduit dans le langage des grandes personnes, ces émotions passeraient pour perverses.
    L'habileté de maurice pons est d'avoir découvert un langage qui emprunte à l'enfance à la fois ses magies et ses audaces mais qui demeure pourtant un langage du monde adulte ". françois nourissier, la nouvelle revue française, 1955.

  • « Un jour me vint l'idée : pourquoi ne pas faire avec Hélène un entretien qui porterait sur l'Allemagne, la langue allemande, sur leur place ? [...] L'Allemagne, la langue, le passé, la mémoire et ses corollaires d'oubli, et tous ces verbes, appartenir, demeurer, revenir, partir, et ces noms, exil, nom, archive. [...] Le livre parle de tout cela, je crois. » C. W.

    « J'ai toujours aimé l'Allemagne Et pourtant - Je l'ai tenue en respect, en estime, au-dessus, au-delà du nazisme Et pourtant - J'aime que Eve ma mère qui en naquit et s'en évada ne m'ait jamais interdit un amour éclairé qu'elle ne pouvait plus franchement partager.
    Je voulais aller à Osnabrück comme à ma mère et avec elle.
    Mais Eve ma mère ne parvint jamais à partager ce vouloir.
    Alors que je ne croyais pas pouvoir jamais surmonter un mystérieux exil originaire, comme je voyais s'éloigner de mes voeux la Ville si chère de mes mères, j'ai été ramenée encore vivante à Osnabrück ville allemande, cependant que ma mère s'en allait en emportant l'allemand avec elle.
    Cécile est venue me chercher. Elle s'en explique. Mais ce geste me reste inexplicable, comme l'est l'amitié même.
    [...] Le parti de ce texte est un rêve de paix. » H. C.

  • Toute littérature, disait Roberto Bolaño, porte en elle l'exil, peu importe si l'écrivain a dû prendre le large à vingt ans ou s'il n'a jamais bougé de chez lui. Cet essai revient sur ces agents de la subversion que sont certains écrivains « hors la loi », contraints de prendre la route de l'exil, où ils deviennent des proscrits. Partant d'une réflexion sur la figure de l'étranger, toujours suspecté d'être un fauteur de rébellions et un semeur de division, Linda Lê nous invite à pénétrer dans l'univers de quelques-uns de ceux qui ont fait oeuvre extraterritoriale, qui ont été des exilés toujours en quête et qui, comme Klaus Mann, se définissaient comme les pionniers d'une civilisation universelle. Ces artistes, dont Segalen aurait dit qu'ils savent à quel point c'est par la Différence et dans le Divers que s'exalte l'existence, sont parfois étrangers dans leur propre pays. À côté d'un Gombrowicz qui a connu l'exil argentin, d'un Cioran ou d'un Benjamin Fondane qui non seulement ont quitté leur pays mais ont changé de langue, il y a tous ces exilés de l'intérieur qui ont toujours vécu une forme d'exil transcendantal. Cet essai rend hommage à ceux-là, qui ont été déplacés, transplantés, ou qui tout simplement ont fait sécession, devenant, comme Roger Laporte, Jean Améry ou Alejandra Pizarnik, entre autres, des créateurs hétérodoxes, dont l'oeuvre naît d'une dissidence envers la vie.

  • Rêveries, souvenirs, pensées..., tout est là dans la promenade, cette expérience émotionnelle de l'espace qui brasse continûment la mémoire personnelle et l'histoire collective. Ici, une longue promenade sur quatre saisons, d'un été au printemps suivant, à travers des jardins proches, à Paris et en Île-de-France, mêlés à la réminiscence des paysages lointains, l'Italie et le Japon, la Bretagne et l'Himalaya. En mélangeant les jardins et leurs époques, la promenade surprend sans cesse par le côtoiement de l'héritage et de l'inclassable, et offre la possibilité de penser notre époque en pensant ce qu'on a sous les yeux.

  • Une vieille dame qui s'apprête à partir avec ses secrets, dans le calme d'une piscine. Un lecteur dans une bibliothèque numérique, par temps de panne électrique. Un homme dans une chambre d'hôtel, au bord de la plage, sous la pluie, qui n'attend qu'un d'improbable fantôme. Un veuf qui enterre méthodiquement sa richesse. Un fils qui s'interroge sur un père qu'il n'a pas connu ou presque. Un écrivain soucieux de ses brouillons. Les retrouvailles d'un couple qui n'a jamais vraiment existé. Les conséquences tragiques d'une fausse annonce. Un entraîneur qui abandonne son équipe en plein match. À chaque fois, des bribes de passé se dévoilent, et une interrogation se pose, sur le futur et ce qu'il convient de lui transmettre ou non.
    Que retient-on d'une vie ? De sa propre vie ? Qu'est-ce qui en restera ? Quelles traces laisser ? Comment infléchir le destin ? Dans un monde qui change, où les codes sont parfois vidés de leur sens, où la continuité est peut-être une illusion qui fait naufrage, les personnages inventés par l'auteur de cette toile d'araignée essaient de faire le point (comme on dit aussi d'une caméra). Pas forcément pour y voir clair. Mais pour garder les yeux ouverts, avant la nuit, et dans la nuit.

  • « De quoi souffres-tu ?

    De l'irréel intact dans le réel dévasté ».

    Ces mots de René Char auraient pu servir d'exergue à ce livre des nuits, de la déraison et des passions qui exilent : une femme vient d'échapper à la mort, elle part à la recherche de cet Autre qui lui tiendrait lieu de frère de substitution, de jumeau perdu et retrouvé, de double sublimé. Elle le découvrira peut-être en la personne d'un inconnu nommé Roman.

  • " S'il est une chose dont on ne peut guère me faire grief, c'est le manque de suite dans les idées.
    Le Voyageur était déjà le titre initial d'un de mes premiers romans, devenu en définitive Le Voyeur et, depuis les années 40, je n'ai guère cessé d'arpenter la planète, d'abord agronome de terrain étudiant les fruits tropicaux, bientôt missionnaire de la bonne parole néo-romanesque, croisé d'une littérature à venir, et volontiers professeur de moi-même. " De la défense et illustration du Nouveau Roman au cinéma et à l'art, du sado-érotisme à l'engagement, ce livre rassemble des articles, conférences et entretiens publiés par Alain Robbe-Grillet pendant plus de cinquante ans d'existence littéraire.
    Nombre d'entre eux sont aujourd'hui introuvables ou méconnus. Faisant une large place à ses contemporains (Roland Barthes, Albert Camus, Alain Resnais, Nathalie Sarraute, Jean-Paul Sartre, Claude Simon...), ils constituent une somme qui permet de retrouver l'écho des débats et critiques suscités par son oeuvre et par le Nouveau Roman en général, dont il a été le représentant le plus voyageur, en même temps que le plus soucieux d'en faire partager les exigences et l'évolution permanente.

  • La poursuite est le nom du projecteur mobile qui accompagne le déplacement des acteurs sur le plateau.
    Dans ces Poursuites, on trouvera, à travers divers textes écrits sur vingt ans, les échos du mouvement spontané qui, pour un auteur, prolonge et reprend sa participation aux oeuvres : textes, critiques, réflexions sur le théâtre d'aujourd'hui, souvenirs, modes d'emploi, etc. Autrement dit un rêve de théâtre, parallèlement au mouvement qui s'inscrit entre la création des Céphéides (1983) et celle de El Pelele (2003).

  • « L'Amour sans visage est un récit autobiographique dont la structure est un peu comme celle d'un manège où tout tourbillonne. L'impulsion initiale est donnée par un événement dramatique et ineffaçable : à la sortie de l'école, un jour d'octobre 1942, c'est une autre main que celles de ses parents (« partis en voyage », lui dira-t-on) qui se saisit de celle d'une petite fille, et pour elle aussitôt, elle le comprend, tout bascule.
    Sauvée elle passera la guerre dans un village de l'ouest, où ceux qui l'ont recueillie tiennent un café. Cette plongée dans la campagne de la France occupée, et ce qui lui fera suite, dans la prime jeunesse comme à l'âge adulte, tout repose sur un puits de silence ? celui où ses parents ont disparu : le mouvement de ce livre est justement d'aller puiser à cette eau, de remonter de l'oubli vers la mémoire. » Jean-Christophe Bailly

  • Ni collectionneur ni historien, c'est en amateur d'art que Claude Eveno a conçu cet ouvrage. Enfant de l'école républicaine qui proposait une sélection d'images de peintures participant et illustrant, entre autres, l'histoire de France, il a recherché et entretenu cette culture de l'image au fil des ans. Au-delà des images imprimées et reproduites, cette encyclopédie artistique personnelle qui l'a accompagné et constitué en tant qu'individu reposait principalement sur sa mémoire. Appartenant à une génération pour laquelle l'art était avant tout politique, se présentant comme une voie parmi d'autres pour trouver comment changer le monde, Claude Eveno s'est ainsi avant tout passionné pour l'art du XXe siècle et les possibilités de rupture (de la figure, de la représentation, de la perspective) qu'il offrait. Ceci sans dénigrer ni occulter l'art antérieur, porteur d'un héritage et de références incontournables, un temps écarté pour son manque de radicalité apparent, puis recherché pour sa dimension matricielle. C'est cette nostalgie des oeuvres de l'histoire de l'art mondial qui l'a conduit à se mettre en quête des images fondatrices. Une entreprise d'abord menée au travers de nombreuses visites de musées et de lectures de livres de et sur l'art. Mais l'apparition du numérique et de l'Internet a décuplé l'ampleur de ce projet qui a pris une dimension inattendue : constituer une collection virtuelle en cherchant pendant des années des peintures sur internet. Pendant une dizaine d'années, il a ainsi sélectionné plus de 80 000 images dans son ordinateur, pour le simple plaisir de les contempler régulièrement. Puis, l'idée a germé d'en faire quelque chose, un livre.

  • À Paris, dans le café où elle a l'habitude d'aller, la narratrice entend une chanson qui la plonge dans le souvenir d'une histoire, le souvenir de sentiments auxquels elle croyait avoir renoncé. Photographe, elle est aussi dans un moment de perte d'inspiration. Une rencontre imprévue la replonge dans les affres de l'amour, en même temps qu'elle lui ouvre de nouvelles pistes de réflexions artistiques. La création et la vie se mêlent, l'une servant l'autre. Mais l'équilibre ne risque-t-il pas de s'inverser en cours de route ?

  • Carnet dexploration et de promenade, Le Nom de Lyon est le lieu de toutes les réminiscences et de leur mise en lumière, grâce au savoir et à la rêverie poétique.
    Flâneur voulant tout savoir de lhistoire et des secrets de sa ville, Gilbert Vaudey se raconte en faisant uvre darchiviste érudit, noubliant jamais que la ville où lon est né est un théâtre de mémoire. Revenant sur les lieux qui lui sont chers, il confère par ce livre un sens à ce quil a toujours ressenti et lentement élucidé. Avec ses zones dattraction, ses frontières, ses pentes de circulation, son rythme, ses instances souterraines, ses sédiments historiques, ses passants de tous les temps, il fait de la ville un lieu accordé, comme une projection de celui qui, depuis si longtemps, larpente.
    Sous sa plume, lespace urbain se fait miroir dune vie, et le portrait de la ville se retourne en autoportrait.

  • Enfant au destin emblématique dans la France en guerre, Alex est devenu le porte-drapeau de ce pays. Passant du statut de victime à celui d'homme de mémoire, il est le topographe minutieux d'un monde disparu. Une mission enrichie par sa passion pour le cinéma, propice aux vies imaginaires.
    Ce récit à multiples facettes, où s'entremêlent biographie et fiction de soi, offre une incursion dans l'Histoire par le biais d'un personnage qui se rêve autant qu'il se vit.

  • Ferdinand aime la moto, le foot, la montagne. Bien concentré sur son métier de chirurgien du coeur, il est mal orienté dans sa vie amoureuse. Sa femme le quitte. Dans un Paris imaginaire, il trace une nouvelle carte du Tendre et rencontre Paola au café de l'Étoile du Nord. « Comme le jour, qui se lève toujours, Ferdinand vint à penser, ravi, qu'elle viendrait toujours, confondant le toujours d'aujourd'hui avec l'autre, le toujours à venir, dont personne ne sait rien. » Ferdinand consulte son médecin des âmes, Valentin, qui dilue ses propres émotions dans le jeu. Une irrésistible ascension semblera tracer son destin dans la neige. Un récit délicat, ironique, percutant.

  • La Mafia a suscité tant de livres, tant de films et de feuilletons qu'on pourrait croire qu'aucun lecteur ne peut encore s'intéresser aux énièmes histoires d'un monde connu par coeur.
    Anthony Bourdain réussit pourtant l'exploit de nous passionner avec un thriller que le quotidien londonien The Independent trouve " very noir, very New York ". Le héros de La Surprise du chef ne souhaite pas suivre les traces de son oncle, un tueur obèse et impitoyable qui se goinfre de pizzas. Car le jeune Tommy est plus dégoûté encore par le goût des mafiosi pour la " malbouffe " que par leur cruauté.
    Son rêve est de devenir un chef pour lequel la grande cuisine n'aura plus de secrets. L'éditeur de Montalban parie que Pepe Carvalho aimerait ce polar gastronomique et son auteur, car Anthony Bourdain est un professionnel de la cuisine depuis des années et dirige à New York un restaurant réputé : la Brasserie des Halles.

  • Un jeune journaliste parisien, de passage au Havre, découvre un livre d'un écrivain nommé Antoine Sorel, qui se trouve avoir toujours habité cette ville. Le lendemain de cette découverte, si importante dans sa vie de lecteur, le jeune journaliste apprend la mort de l'écrivain, qui s'est suicidé à l'âge de quarante-cinq ans. Sans se dire qu'il y a un « mystère Sorel », le jeune admirateur décide de mener l'enquête et de retrouver ceux qui avaient été proches de Sorel pour les interroger, certain qu'en rassemblant les témoignages il réussirait à écrire un livre d'hommage, à faire le portrait de celui qu'il considère déjà comme un créateur inclassable. Des amis du mort, un de ses frères, son père, des femmes qu'il a connues, tous accepteront de parler, et le jeune journaliste, régulièrement, se rendra au Havre, découvrant ainsi la ville natale de Sorel. Il enregistrera les propos des témoins et cherchera jour après jour à mener à bonne fin la tâche qu'il s'est fixée, quoiqu'il se heurte à bien des difficultés.
    Portrait d'un écrivain en rupture avec le monde dans lequel il vivait, enquête sur un fils qui a peut-être souffert d'être condamné par son père, tombeau d'un homme perdu qui a marqué la vie de plusieurs femmes, ce livre est aussi une interrogation sur un sécessionniste qui a choisi un cheminement solitaire mais a quand même laissé de profonds souvenirs chez ceux qui ont croisé sa route et qui, presque tous, rendent hommage à son art, qu'ils l'aient compris ou pas.

  • Pour la huitième édition des Assises Internationales du Roman, organisées par la Villa Gillet et le journal Le Monde, une quarantaine d'auteurs du monde entier se sont retrouvés pour une série de rencontres et de débats. Cette année, les thèmes évoqués lors des différentes tables-rondes ont été les suivants : « Ecrire, créer : entre solitude et partage», « Mémoire des mondes oubliés », « Quand la réalité raconte des histoires », « « Etre ou ne pas être : et s'il n'était pas nécessaire de choisir ? », « Les vies ordinaires », « les jeunes romanciers face à la guerre », « Comment redonner vie à une époque ? », « La littérature a-t-elle encore un rôle politique ? », « La rupture amoureuse », « Le roman et la musique », « De la guerre en littérature », « La trahison ».
    S'y ajoutent des conversations entre Dany Laferrière et Siri Hustvedt, un grand entretien avec Orhan Pamuk et une discussion entre Bernard Henri-Lévy et Jean Birnbaum.
    Santiago Amigorena, Ali Bader, Hugo Boris, David Bosc, Martin Caparrós, Asciano Celestini, Sorj Chalandon, Christos Chryssopoulos, Frédéric Ciriez, Delphine Coulin, Rachel Cusk, Leonor de Recondo, Boubacar Boris Diop, Paolo Giordano, Lorna Goodison, Nikolai Grozni, Kirsty Gunn, Felipe Hernandez, Charles Lewinsky, Patrick McGuinness, Sofi Oksanen, Christian Oster, Orhan Pamuk, Kevin Powers, Chantal Thomas, David Treuer, Eric Vuillard, Liu Zhenyun.

  • Une sorte de « Lettre au père » originale où l'auteur évoque les figures paternelles de substitution qu'il s'est choisies et retrouve l'irremplaçable qui l'a marqué, bien qu'il lui ait fait cruellement défaut au quotidien. Est-ce parce que ce drôle de père a su être présent dans les moments décisifs ?

    Michel Contat se veut lucide sur leur petite histoire au sein de la grande Histoire dans un pays, la Suisse, qui semble vivre à l'écart. Tenant la part égale entre l'humour et la tendresse, le texte offre une évocation de ce personnage hautement romanesque.

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