Arkhe

  • Pouvait-on changer de genre au Moyen Âge ?
    Être sainte et se faire passer pour moine ? Changer d'habits comme d'identité durant cette période dominée par la chrétienté ? Pour faire taire les idées reçues, Clovis Maillet démontre que les expériences de transidentité n'ont pas l'apanage de la modernité. Que le combat pour l'émancipation peut même passer par la réappropriation des figures de l'histoire. Ainsi l'héritage de Jeanne d'Arc est-il disputé à la droite nationaliste par les militants queer libertaires qui la considèrent, depuis la fin du XXe siècle, comme une guerrière transgenre.
    Une héroïne, qui comme d'autres, a refusé d'être identifié au sexe qui lui a été assigné à la naissance.

  • On a longtemps dépeint les cannibales comme des êtres violents et exotiques, des sauvages hantant les terres lointaines. Pourtant, nos ancêtres se délectaient eux aussi de chair humaine. Uniquement en cas de long siège ou de disette, pensez-vous ? Pas vraiment : dans l'Occident médiéval, les situations où l'homme en vint jusqu'à dévorer ses semblables sont nombreuses. De la préparation de précieux remèdes à base de cadavres, aux rituels de vengeance destinés à outrager la dépouille de l'ennemi, jusqu'à l'anthropophagie maternelle, l'homme à été souvent été un loup l'homme.
    Bons chrétiens, chevaliers, rois, tendres jouvencelles, malades ou femmes adultérines pouvaient goûter aux délices de l'anthropophagie. Il faut dire qu'alors, les imaginaires étaient hantés de créatures perfides et affamées. Ogres, lycanthropes et cynocéphales côtoient des sorcières friandes de chair humaine. Autant d'histoires à découvrir en empruntant le dédale de documents historiques inédits, d'images et de textes brillamment assemblés par Angelica Montanari dans son histoire mordante du cannibalisme, entre croyances et vérités crues.

  • Le système à deux nom n'est apparu que tardivement, à la Renaissance. À cette époque, le nom de famille n'était pas encore fixé et se transmettait uniquement dans les familles de notables variant, quand il existait, d'une génération à l'autre... Ainsi, être connu par son prénom était un véritable signe de distinction !
    Sujet d'importance, celui-ci n'est pas un simple détail :
    Le nom conditionne et décrit la filiation, la réputation, et donc la renommée de quelqu'un. C'est avec Giotto, Donatello, Leonardo ou encore Raphaël que, dès le XIVe siècle, le mouvement prend une véritable ampleur, nombre d'artistes se faisant alors appeler par leur simple prénom - un peu comme si leur gloire l'avait cristallisé. Cet essai décrypte, à travers la vie intime des peintres et des sculpteurs illustres, une époque où la figure de l'artiste émerge, annonciatrice du processus d'individuation à l'oeuvre dans le monde moderne.

  • Pas de journal télévisé, d'article de presse ou de présentation d'entreprise sans une série de courbes, de diagrammes, de graphiques ou d'histogrammes, au point de parfois créer une forme de dépendance intellectuelle aux schémas en tous genres. Et pour cause : ces figures permettent de rendre une idée complexe immédiatement mémorisable par le cerveau humain, épargnant ainsi une longue démonstration. Mais saviez-vous que ce mode de pensée et d'expression, qui tient à la fois de l'image et de l'écriture, existait bien avant Microsoft et ses schémas auto-générés ? Confrontés aux mêmes difficultés que nous, érudits, hommes d'église ou simples artisans ont caché des trésors d'inventivité dans les manuscrits médiévaux où les roues, les arbres, les échelles et autres figures insolites invitent le lecteur à s'introduire, par l'oeil et l'esprit, dans le labyrinthe de l'âme et du monde.

  • Comment maniait-on une épée longue ? Porter une armure permettait-il de conserver la liberté de ses mouvements ?
    Que se passait-il à l'occasion d'une « emprise d'arme » ou d'un « combat à outrance » ? Les duels étaient-ils toujours sanglants ? Pour trancher dans le vif des idées reçues, Daniel Jaquet nous emmène à la découverte des livres de combat et de l'éventail des pratiques martiales du monde médiéval.
    Il faut dire que l'art de la lutte ou du maniement de la hache n'était pas réservé aux seuls chevaliers : bourgeois, étudiants, ou artisans s'entraînaient également au combat.
    Le duel judiciaire, lui, se pratiquait entre hommes de toutes conditions... et impliquait parfois des combats entre les deux sexes. Découvrez les techniques de combat illustrées, les conseils cryptés des maîtres d'arme et projetez-vous dans ces duels à travers les expérimentations menées grâce aux reconstitutions. Laissez-vous surprendre par les récits de ces combattants et de leurs motivations : ils bouleversent ce que l'on croyait savoir de la chevalerie et de l'art du combat au Moyen Âge.

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