Bertrand Lançon

  • Cette enquête historique s'inscrit dans un débat de fond, souvent houleux, qui s'est développé en France au cours de la décennie écoulée : celui des racines et de l'identité françaises, un débat qui n'est pas achevé et semble dans une impasse aux yeux de l'auteur.
    Son ambition est de passer de la polémique à l'histoire, en abattant nombre d'idées reçues qui font obstacle à une compréhension claire et raisonnée du sujet. À partir de quand la France commence-t-elle d'être la France ? Quels sont les critères qui définissent le pays ? Le nom ? La langue ? Les paysages ? Les frontières ? Le patrimoine ? Les arts ? Les héros ? La mémoire ? Un récit national ?
    L'auteur, suivant les pistes gauloise, franque et d'autres, plus récentes, détricote l'ensemble des poncifs généralement admis et montre que la naissance du pays est continue. Une gestation et non une révélation permise par le retour à la longue durée, sans préjugés ; afin d'éclairer le présent à la lueur du passé, et non le déformer. Une synthèse pédagogique et historique qui faisait défaut.

  • La chute de l'Empire romain

    Bertrand Lançon

    • Perrin
    • 14 Septembre 2017

    La « chute » de l'Empire romain ne cesse de faire couler beaucoup d'encre. Plus encore, elle a suscité un nombre de publications sans précédent ces dernières années. On la traite à tort comme une énigme historique qu'il s'agirait de résoudre en identifiant les causes, alors que c'est bien la longévité de l'Empire romain qui relève de l'énigmatique. Si elle fascine autant, c'est parce qu'elle agit tel un miroir reflétant les peurs contemporaines du déclin et de l'effondrement, qui connaissent aujourd'hui un nouvel essor au sein de l'« Empire américain » comme de l'Union européenne.
    Si ce livre raconte et interroge naturellement le dernier siècle de l'empire d'Occident, il entend montrer que sa « chute » est largement un fantasme. Non seulement il est impossible d'en épuiser la réalité, mais encore la culture occidentale semble n'avoir aucun désir d'y renoncer. La raison en est peut-être que cet abandon mettrait en cause le pessimisme foncier qui la sous-tend. Cette « chute » est devenue une histoire sans fin, car on s'efforce en vain d'accumuler les facteurs incertains d'un événement sans contours définissables, tandis qu'elle sert en réalité de miroir et d'exutoire à nos angoisses.

  • De l'histoire à la psychanalyse, nombre de disciplines ont admis l'importance du poil, des cheveux, de la barbe et des moustaches dans le fonctionnements des sociétés. Car le poil, bien que rappelant notre animalité, obéit depuis la haute antiquité à des codes et à des modes, et dessine, bien au-delà de la cosmétique, les hiérarchies sociales.
    Cheveux courts ou longs, joues glabres ou barbues sont autant de modèles signalant un bon ou un mauvais empereur, roi, moine ou citoyen. Ces poils en disent donc long sur les relations de pouvoir, depuis le modèle glabre augustéen jusqu'au mythe de la « barbe fleurie » de Charlemagne. Déjà dans les traités grecs, le poil et la calvitie revêtaient une grande importance de même que, des siècles plus tard, la naissance de la tonsure ecclésiastique, les considérations sur la chevelure féminine, la représentation d'un Christ barbu et les cheveux longs des rois mérovingiens... jusqu'au modèle augustéen (et certainement pas jupitérien) d'un certain Emmanuel Macron.

  • Premier empereur romain chrétien, constantin fut un grand législateur et réformateur, un prince bâtisseur, le fondateur de constantinople ainsi que le créateur des structures de l'empire tardif.
    Cet ouvrage offre donc à la fois la biographie d'un personnage éminent mais aussi l'étude d'un règne capital dans l'histoire de l'empire romain et déterminant dans l'histoire de l'europe. il propose également une mise au point sur la place du christianisme dans le règne de cet empereur et peut s'inscrire, à ce titre, dans le débat, toujours ouvert, sur les relations entre les religions et l'etat.

  • Cet ouvrage présente un panorama des transformations que connut l'État romain pendant les quatorze siècles de son existence. Royauté, République, Principat, Empire théocratique sont les modèles successifs de cet extraordinaire laboratoire politique que fut la Rome antique, où tous ces régimes se succédèrent sans toutefois s'exclure totalement. Le lecteur découvre ainsi, à travers les métamorphoses d'un État unique en son genre, l'immensité du legs politique romain à l'Occident.
    Chronologie, liste des empereurs, glossaire politique latin-français, répertoire commenté des principales sources et bibliographie viennent compléter ce livre, compagnon indispensable des étudiants en histoire et en sciences politiques.

  • Théodose

    Bertrand Lançon

    • Perrin
    • 9 Octobre 2014

    Théodose, qui régna de 379 à 395, présente la particularité d'être le premier empereur romain baptisé dans le catholicisme. La postérité a surtout retenu de lui qu'il prohiba le paganisme et les hérésies, instaura le christianisme catholique comme seule religion autorisée (avec le judaïsme), et fit pénitence en 390 devant Ambroise, l'évêque de Milan, à cause d'un massacre qu'il avait laissé se perpétrer à Thessalonique.
    La réalité est plus nuancée : ses édits ne mirent fin ni au paganisme ni aux courants hétérodoxes du christianisme ; il ne soumit pas l'autorité impériale à l'autorité ecclésiastique, mais là où ses prédécesseurs régnaient sans partage, il donna son accord à une dévolution des pouvoirs politiques et religieux entre l'empereur et les évêques. Pragmatique, il a ouvert une double voie qui ne fut guère suivie : celle d'un renforcement du pouvoir par l'humilité et d'un retrait des pouvoirs religieux préfigurant une forme archétypale de concordat. Cela lors d'un âge d'or culturel et avec une puissance militaire qui façonnèrent une « Renaissance théodosienne », à mille lieues d'un supposé déclin de l'Empire romain.

  • Introduction, 3 Chapitre I - Une période à part entière, 7 I. Un long discrédit, 7 - II. L'émergence d'une Antiquité tardive, 14 - III. Problèmes de périodisation, 18 - IV. Les sources, 22.

    Chapitre II - L'été indien de l'Empire romain, 29 I. Perfectionnements et altérations de la monarchie impériale aux IVe et Ve siècles, 30 - II. Armée et finances face au problème barbare, 39 - III. Permanences et vicissitudes économiques, 43 - IV. La question de la " chute " de Rome, 51.

    Chapitre III - Christianisation et romanité, 59 I. La puissance croissante des Églises chrétiennes, 60 - II. Les inflexions chrétiennes, 65 - III. Mère juive, nourrice romaine : hellénisation et latinisation du christianisme, 71 - IV. L'embellie du paganisme, 77 - V. Un christianisme divisé, 81.

    Chapitre IV - Vitalité intellectuelle et artistique, 85 I. Un âge d'or de l'écriture, 85 - II. De riches et âpres débats, 91 - III. De grands travaux d'architecture, 95 - IV. Qualité des arts figuratifs, 98.

    Chapitre V - Un monde métissé, 103 I. Encore antique, mais plus tout à fait, 103 - II. Pas encore médiéval, mais déjà un peu, 109.

    Conclusion, 117 Glossaire, 121 Bibliographie élémentaire, 125

  • " L'Empire romain était trop vaste à gouverner " ; " L'Empire, c'est la paix romaine " ; " Les romains avaient la passion des jeux sanglants " ; " L'Empire romain a persécuté les chrétiens " ; " Constantin est le créateur de l'Empire chrétien " ; " L'Empire tardif, c'est la décadence " ; " Tous les chemins mènent à Rome "...
    Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L'auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir.

  • Ce livre se veut l'archéologie d'un mépris, celui de la femme et de la féminité, tel qu'il s'exprime en Europe depuis la haute Antiquité. Il ne porte pas simplement sur la femme en tant que telle, mais sur le terrible constat qui s'impose quant aux regards péjoratifs portés sur les femmes et la féminité. Ces regards sont ceux des hommes, parfois interiorisés par des femmes ; ils sont puissamment ancrés dans les mentalités par le langage, les théories, les images, les croyances et le droit.
    Ainsi, les vecteurs de la misogynie sont extrêmement divers : poètes, mythographes, artistes, médecins, philosophes, enseignants, médias, mais aussi hommes d'Eglise, politiques et juristes. Comme toute archéologie, ce livre définit un terrain de fouilles, l'Europe, et nous entraîne dans un voyage autour des textes, de l'antiquité au XXe siècle. On y découvre que la misogynie s'exprime au travers de thèmes transmis et ressassés de génération en génération, et profondément ancrés dans notre culture et dans notre vie quotidienne.
    Comment comprendre la misogynie ? Procède-t-elle uniquement de cette culture enracinée au plus profond de nous ? Est-elle partie intégrante de la masculinité ? D'une virilité façonnée par le modèle patriarcal ? Le déclin de ce dernier serait-il susceptible d'entraîner la fin d'une misogynie que l'on pensait indétrônable ?

  • Les experts en Grec ancien ont longtemps focalisé leur travail sur la période des auteurs classiques, d'Hésiode à Plutarque. Or l'éclosion et l'épanouissement historiographiques de l'Antiquité Tardive ont, durant les dernières décennies, suscité un intérêt croissant pour les textes de la période impériale romaine jusqu'à ses siècles les plus tardifs. Par ailleurs, les historiens s'intéressant à l'époque tardo-antique se sont montrés demandeurs d'éditions de textes méconnus ou peu accessibles.
    Parmi les textes historiques de langue grecque des IIe-VIIIe siècles, ceux qui nous sont parvenus sous forme de fragments sont particulièrement nombreux. Dans les années 1950, Felix Jacoby en dénombrait plus de huit-cent cinquante. Les travaux se multiplient aujourd'hui en Europe sur cette littérature fragmentaire, sous forme de repérages, classifications, élaborations de corpus, commentaires, analyses et traductions.
    Consacrées à la littérature historique fragmentaire en langue grecque de l'Antiquité tardive, ces études font sortir de l'ombre de multiples auteurs, oubliés ou méconnus. Leur rassemblement inédit dessine une nouvelle physionomie de l'Orient romain tardo-antique en révélant une trame continue de la textualité grecque, incessamment sujette à prélèvements et citations, et la rémanence millénaire de la culture hellénistique entre le IIe et le XIIe siècle.

  • Un voyage aux origines de la chrétienté

  • Cette histoire de la misogynie se veut l'archéologie d'un mépris, celui de la femme et de la féminité, tel qu'il s'exprime en Europe depuis la haute Antiquité. Son sujet n'est pas la femme et la féminité en tant que telles, mais le terrible constat qui s'impose quant aux regards péjoratifs portés sur celles-ci. Ces regards sont ceux des hommes ; ils sont puissamment ancrés dans les mentalités par le langage, les théories, les croyances et le droit. Ainsi, les vecteurs de la misogynie sont principalement mythographes, poètes, médecins, philosophes, écrivains, mais aussi hommes d'Église, politiques et juristes.
    Comme toute archéologie, ce livre définit un terrain de fouilles, l'Europe, et s'adonne à une parcours stratigraphique des textes, de l'antiquité au XXe siècle. La misogynie s'exprime au travers des thèmes transmis et ressassés, profondément enracinés. Mais procède-t-elle seulement de cette culture européenne ? Est-elle partie intégrante de la masculinité ? Façonnée par le vieux modèle patriarcal ? Auquel cas, le déclin de ce dernier serait-il susceptible d'entraîner un effacement d'une misogynie qu'on pensait invulnérable ? Telles sont les questions auxquelles ce livre tente de répondre.

  • Constantin fait incontestablement partie de ces chefs d´État qui ont fait l´Histoire. Bien au-delà de l´Empire romain, il a, durant les trente ans de son règne, marqué l´Occident tout entier.  Car sans lui, parlerait-on des « racines chrétiennes de l´Europe » comme d´une sorte d´évidence ? C´est à cet homme de pouvoir, aussi inspiré que controversé, qu´on doit des rapports inédits entre le politique et le religieux, et le glissement du pouvoir impérial traditionnel vers des formes à la fois solides et vulnérables, mais, dans tous les cas, durables.  Réformateur, guerrier, législateur et bâtisseur - il fonde une seconde Rome, Constantinople -, le premier empereur romain chrétien n´est pas la figure révolutionnaire ou ambiguë que l´on a pu dépeindre : son action novatrice se conjugue intimement avec la tradition augustéenne dans laquelle s´ancrent ses lois et l´exercice de son pouvoir, en Occident comme en Orient.  À travers légende noire et légende dorée, ce livre s´attache à révéler un homme en quête d´une nouvelle forme de romanité sous le signe de l´unité, de la paix et de la foi.  Bertrand Lançon se consacre aux aspects culturels et religieux de l´Antiquité tardive. Il a publié, entre autres, Le monde romain tardif et Rome dans l´Antiquité tardive.  Tiphaine Moreau étudie le IVe siècle. Elle est l´auteur de Cents fiches d´Histoire romaine et, avec Bertrand Lançon, des Premiers chrétiens.

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