Adeline Gargam

  • Le siècle des Lumières est marqué par une nouvelle place de la femme. Durant cette période se constitue une nouvelle intellectualité féminine s'affirmant de manière privilégiée par l'écriture et puisant largement dans le Tiers état. Les textes laissent percevoir une relation croissante en intensité des femmes avec tous les domaines de la culture savante. Beaucoup lisent et s'instruisent ; beaucoup écrivent et traduisent ou se livrent à des expériences scientifiques. Mais leur conquête intellectuelle fut lente et difficile car elle s'est heurtée à des préventions que les femmes ont dû surmonter pour gagner la reconnaissance d'une légitimité dans les sanctuaires du savoir.

  • Ce livre se veut l'archéologie d'un mépris, celui de la femme et de la féminité, tel qu'il s'exprime en Europe depuis la haute Antiquité. Il ne porte pas simplement sur la femme en tant que telle, mais sur le terrible constat qui s'impose quant aux regards péjoratifs portés sur les femmes et la féminité. Ces regards sont ceux des hommes, parfois interiorisés par des femmes ; ils sont puissamment ancrés dans les mentalités par le langage, les théories, les images, les croyances et le droit.
    Ainsi, les vecteurs de la misogynie sont extrêmement divers : poètes, mythographes, artistes, médecins, philosophes, enseignants, médias, mais aussi hommes d'Eglise, politiques et juristes. Comme toute archéologie, ce livre définit un terrain de fouilles, l'Europe, et nous entraîne dans un voyage autour des textes, de l'antiquité au XXe siècle. On y découvre que la misogynie s'exprime au travers de thèmes transmis et ressassés de génération en génération, et profondément ancrés dans notre culture et dans notre vie quotidienne.
    Comment comprendre la misogynie ? Procède-t-elle uniquement de cette culture enracinée au plus profond de nous ? Est-elle partie intégrante de la masculinité ? D'une virilité façonnée par le modèle patriarcal ? Le déclin de ce dernier serait-il susceptible d'entraîner la fin d'une misogynie que l'on pensait indétrônable ?

  • Cette histoire de la misogynie se veut l'archéologie d'un mépris, celui de la femme et de la féminité, tel qu'il s'exprime en Europe depuis la haute Antiquité. Son sujet n'est pas la femme et la féminité en tant que telles, mais le terrible constat qui s'impose quant aux regards péjoratifs portés sur celles-ci. Ces regards sont ceux des hommes ; ils sont puissamment ancrés dans les mentalités par le langage, les théories, les croyances et le droit. Ainsi, les vecteurs de la misogynie sont principalement mythographes, poètes, médecins, philosophes, écrivains, mais aussi hommes d'Église, politiques et juristes.
    Comme toute archéologie, ce livre définit un terrain de fouilles, l'Europe, et s'adonne à une parcours stratigraphique des textes, de l'antiquité au XXe siècle. La misogynie s'exprime au travers des thèmes transmis et ressassés, profondément enracinés. Mais procède-t-elle seulement de cette culture européenne ? Est-elle partie intégrante de la masculinité ? Façonnée par le vieux modèle patriarcal ? Auquel cas, le déclin de ce dernier serait-il susceptible d'entraîner un effacement d'une misogynie qu'on pensait invulnérable ? Telles sont les questions auxquelles ce livre tente de répondre.

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