Elections américaines

  • Etre patriote, en ce moment charnière, demande du courage et de l'imagination. Notre démocratie est en haillons, nos procédures de vote sont cassées, notre langage abîmé, notre discours politique réduit à des cris de haine. On ne pourra même pas dire, comme Sartre jadis, "Jamais nous n'avons été aussi libres que sous l'Occupation". Au contraire, jamais il n'a paru si terriblement difficile de résister.
    Nous, Américains, ne pouvons plus nous cacher derrière l'illusion d'être une démocratie par essence ou par prédestination. La démocratie, cela se mérite.

  • À rebours d'une focalisation extrême sur la personnalité de Donald Trump et à l'heure où les Américains sont appelés à choisir un nouveau président, Didier Combeau nous invite à revenir aux fondamentaux, à soulever le voile des anathèmes, pour comprendre les origines des fractures qui divisent si profondément le pays. L'auteur se concentre sur sept sujets qui constituent le fond des joutes électorales. L'immigration, qui est au coeur même de l'aventure nationale. L'émergence des identités politiques non conformes à la norme blanche hétérosexuelle. L'égalité inscrite dans la Constitution, mais si difficile à mettre en oeuvre dans le pays de la liberté. La violence, en tant que fléau spécifiquement américain. La relation si ambiguë des Américains avec la nature, entre le culte de la wilderness et le rêve de la domination de l'homme sur son environnement. L'évolution des institutions, initialement conçue comme un rempart contre la tyrannie et qui consacrent aujourd'hui une hyperprésidence. La confusion du système électoral qui frappe la représentation d'incertitude. Le fil rouge qui relie ces thèmes de fond est la question de l'identité américaine, en jeu dans ces prochaines élections. Cette identité est liée à l'équilibre toujours difficile des pouvoirs, quand la Constitution, d'une robustesse jusqu'ici inégalée, se fait, depuis quelques années, le foyer de radicalités inquiétantes. L'avenir des Etats-Unis nous concerne tous. Il va se jouer dans les prochaines élections, dont Didier Combeau remet la compréhension dans la longue durée

  • L'irruption de Donald Trump dans la vie politique américaine a brutalement mis en lumière le fossé d'incompréhension et de rancoeur qui sépare aujourd'hui les classes populaires blanches rurales ou périurbaines et les cadres supérieurs libéraux des grandes métropoles. Cette polarisation a également touché la France et une grande partie de l'Occident, dont elle redéfinit à une vitesse déconcertante le paysage politique. Joan Williams s'efforce ici de renouer le dialogue entre des populations qui se sont tourné le dos. À travers une série de questions sociétales portant notamment sur le travail, l'éducation et les valeurs, elle restitue les modes de vie, les ambitions et le devenir d'une classe ouvrière blanche en déclin démographique, durement touchée par la crise économique et en partie abandonnée par le Parti démocrate. S'appuyant sur une riche tradition d'études sociologiques dont il fait la synthèse, ce livre illustre la centralité des problématiques de classe et affirme que venir en aide aux blancs ruraux n'est nullement incompatible avec la lutte pour l'égalité raciale ou le féminisme. Au coeur de ce nécessaire effort de médiation émerge la figure du transfuge social, acteur malgré lui mais aussi témoin privilégié de la tectonique des classes. Dans les jours qui ont suivi l'élection de Donald Trump à la présidence, Joan Williams a d'abord publié un essai dans la Harvard Business Review expliquant comment l'indifférence ou le mépris pour la classe ouvrière contribuent à la montée du populisme. Le succès historique de cet article, lu par plusieurs millions d'américains, l'a encouragée à développer sa pensée dans ce plaidoyer pour la classe ouvrière qui est un document de première importance sur l'histoire contemporaine des États-Unis.

  • le manoir

    Maurin Picard

    • Perrin
    • 22 Octobre 2020

    « Versailles » citoyenne d'une jeune république née à la force des armes, « maison du peuple » américain, la Maison Blanche exerce, plus de deux siècles après son inauguration, une fascination sans égal parmi les hauts lieux de pouvoir sur la planète.
    Rien ne lui a été épargné, du moins sur celluloïde et dans la littérature. Combien de fois a-t-elle rasée, détruite, prise d'assaut, y compris par des envahisseurs venus de l'espace ? Combien d'intrigues sanglantes s'y sont noué sur le grand ou le petit écran ? Combien de crises internationales y ont-elles trouvé leur dénouement? Combien de films et de séries télévisées lui sont-elles consacrés, à commencer par la plus célèbre d'entre elles, The West Wing ?
    /> Symbole de pouvoir absolu, véritable mythe constitutionnel et source de folklore du roman national américain, la grande demeure patricienne fut pourtant le théâtre d'événements singuliers et dramatiques, que le temps a fini d'estomper. La Maison Blanche attire autant qu'elle révulse les Américains, méfiants vis-à-vis du gouvernement fédéral mais passionnément attachés à leur histoire présidentielle.
    Ces dirigeants ne furent pas toujours amènes envers l'intimidant « manoir exécutif ». Harry Truman l'appelait la « grande prison blanche » et ne rêvait que de s'en échapper. Sans doute ressentait-il le poids d'un passé écrasant, éminemment glorieux mais ô combien tragique. Le fantôme d'Abraham Lincoln y déambule, dit-on, à sa guise, depuis cette funeste soirée d'avril 1865 et cette représentation théâtrale à laquelle il eût bien volontiers renoncé. Les spectres de Première dames inconsolables y rôdent, eux aussi : Jane Pierce et Mary Todd Lincoln, orphelines d'enfants arrachés trop tôt à leur affection. Tout comme ceux des esclaves qui oeuvrèrent à ériger la bâtisse entre 1792 et 1800, et dont Michelle Obama finit par honorer la mémoire en 2016.
    De cette histoire épique émerge le portrait haletant d'un lieu de pouvoir jadis ouvert aux quatre vents mais aujourd'hui inaccessible au commun des mortels.
    Une histoire , servie par une rare talent d'écriture, racontée en une vingtaine de chapitres haletants qui constituent une véritable série narrative.

  • Le lecteur se change en une petite souris vivant dans le bureau ovale. Le Washington Post a réalisé cette BD rythmée comme une saison de la série House of Cards. Le lecteur s'immerge au coeur de la Maison-Blanche et découvre un président des Etats-Unis prêt à tout pour empêcher l'investigation sur l'ingérence de la Russie dans son élection de 2016 : limoger le patron du FBI, renier son avocat personnel ou encore manipuler des faits.
    Cette BD s'appuie sur une investigation hors norme. Durant deux ans, le procureur Robert S. Mueller (épaulé par 19 procureurs et 40 agents du FBI) a enquêté sur l'ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016.

  • « Vous êtes prêts pour la révolution ? » Alexandria Ocasio-Cortez commence ses meetings par cette phrase : la promesse d'un avenir radicalement différent pour des millions d'Américains laminés par les inégalités insupportables et le néolibéralisme. Plus jeune femme jamais élue au Congrès, l'ancienne serveuse de Manhattan incarne le visage d'une nouvelle gauche décidée, enfin, à remporter des batailles. « Seuls des radicaux, dit-elle, ont changé ce pays. Je représente un mouvement. » Dans l'Amérique du ploutocrate raciste Donald Trump, « AOC » est l'envoyée spéciale en politique d'une nouvelle génération. L'étoile la plus visible d'une constellation de jeunes activistes qui dessinent un avenir dont il est permis de rêver. Grandis dans la guerre et la crise financière, anciens d'Occupy Wall Street ou de Black Lives Matter, réveillés par Bernie Sanders, ils défient le capitalisme, le suprémacisme et la catastrophe climatique.
    Au coeur de l'empire américain, ils ont lancé la bataille des grandes idées. Ils s'organisent au sein de mouvements inclusifs, contestent les discours dominants qui contrôlent nos vies et limitent notre imagination. Optimistes sans être naïfs, ils importent avec créativité les savoirs mili-tants du passé dans les luttes du présent. De la réussite de leurs combats dépendra aussi notre futur. Et si nous écoutions ce qu'ils ont à nous dire ?

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