Lisons chiffons

  • sapé comme jadis

    Yvane Jacob

    Pourquoi Jules César s'est-il accroché à sa toge ? Catherine de Médicis avait-elle une culotte ? Pourquoi le Che portait-il toujours un béret alors qu'il n'était même pas basque ? Pourquoi Élisabeth II s'habille-t-elle comme un panneau de signalisation ? Pour quelle raison Donald Trump refuse-t-il d'avouer qu'il met des peignoirs ?
    Yvane Jacob explore la garde-robe de 60 illustres personnages. En même temps qu'elle révèle le sens caché, ou oublié, du vêtement, c'est l'évolution des mentalités et des rapports sociaux qui se dessine. On ne s'habille pas seulement pour se protéger du froid ou pour cacher sa nudité : en se parant, on se révolte, on se distingue, on séduit, on conteste, on interpelle... On s'exprime ! Aux préoccupations intimes et esthétiques se mêlent des considérations économiques, sociales et politiques.
    Si le bonnet ne fait plus le docteur ni la robe le magistrat, le vêtement reste un langage. Ces 60 portraits tentent de le décoder, dévoilant avec légèreté mais sans frivolité tout ce que revêt l'habit.

  • La rayure et les étoffes rayées sont longtemps restées en Occident des marques d'exclusion ou d'infamie. En furent notamment vêtus tous ce qui, à un titre ou à un autre, se situaient sur les marges de la société chrétienne ou bien en dehors : jongleurs, musiciens, bouffons, bourreaux, prostituées, condamnés, hérétiques, juifs, musulmans ainsi que, dans les images, le Diable et toutes ses créatures. Sans faire aucunement disparaître ces rayures très négatives, l'époque romantique voit apparaître une nouvelle forme de rayures, positives et liées aux idées nouvelles de liberté, de jeunesse, de plaisir et de progrès. Dans les sociétés contemporaines, ces deux types de rayures cohabitent : celles des vêtements de prisonniers, de la pègre, des lieux dangereux et mortifères, et celles du jeu, du sport, de l'hygiène, de la mer et de la plage.

  • La mode fascine et fait rêver. Véritable art pour certains, purement utilitaire pour d'autres, s'habiller est indispensable pour tous et constitue parfois un moyen d'affirmation de soi. Cette industrie est pourtant devenue le symbole du capitalisme de séduction et d'une mondialisation malade. Système complexe d'exploitations et d'oppressions, elle repose sur différents types d'esclavage moderne. Derrière la poésie des motifs et des formes, les corps naturels améliorés à coups de bistouri ou de Photoshop, se cachent le travail des enfants, la discrimination, les abus et le harcèlement des patrons d'usines, les bas salaires, la mise en danger des travailleurs comme des consommateurs, les dégradations environnementales.
    Remonter la chaîne de création et de production, analyser les pratiques de manipulation qui nous poussent à acheter toujours plus, c'est donc raconter l'histoire de la conquête des corps - quel qu'en soit le prix. Procès d'une industrie à bout de souffle qui meurt et nous tue, Le livre noir de la mode est aussi et surtout un appel aux patrons, entrepreneurs, chercheurs, créateurs et citoyens à la réhumaniser pour la sauver.
    Ancienne styliste, chercheuse associée au CNRS et docteure en histoire, Audrey Millet est spécialiste de l'histoire de l'habillement. Elle est notamment l'autrice, aux éditions Belin, de Fabriquer le désir. Histoire de la mode de l'Antiquité à nos jours (2020).

  • La mode est aux tissus africains, et tout particulièrement au wax dont la signature graphique, avec ses couleurs vibrantes et ses motifs légèrement décalés, se reconnaît entre mille. Ce livre propose une véritable anthologie des tissus imprimés africains, avec plus de 250 échantillons présentés et commentés.

  • Elle, 75 ans de photographies

    Sylvia Jorif

    • Grund
    • 3 Décembre 2020

    Fondée en 1945 par Hélène Lazareff et Marcelle Auclair, le célèbre magazine féminin Elle fête ses 75 ans en 2020. Dès ses débuts, la mode y tient une place prépondérante. Et cet ouvrage, avec un large choix de photographies de mode parmi les plus emblématiques parues dans ses pages tout au long de son histoire, retrace l'évolution de la société, décennie après décennie. Au plus près de la ligne éditoriale du magazine dès l'origine : « Du sérieux dans la frivolité, de l'ironie dans le grave ».

    L'après-guerre voit la création d'un journal pour les femmes par des femmes quand elles votent pour la première fois en France. Dans les années 50, les photographes Jean Chevalier, Jean-François Clair ou encore Lionel Kazan mettent en images la « parfaite femme d'intérieur ». La jeunesse yéyé des années 60 se retrouve sous l'objectif de Jeanloup Sieff ou Fouli Elia. Dans les années 70, la mode fait sa révolution et les filles en pantalon sont aux premières loges. Le feu d'artifice des années 80 se concrétise sous l'oeil de Oliviero Toscani, Jean-Paul Goude, Jean-Baptiste Mondino. Dans les années 90, place aux femmes photographes : Kate Barry, Pamela Hanson, Dominique Isserman, Sarah Moon... Avec les années 2000, l'air du temps est à la « Global Fashion ». Les années 2010, enfin, font place à l'« inclusivité ».

    Avec toutes ces photographies - ode à la femme et à la mode, c'est aussi un panorama complet de l'évolution des femmes dans la société qui se dessine sous nos yeux.

  • La beauté d'une femme croisée sur un marché, l'élégance d'un homme dans son échoppe.
    Le vêtement de l'autre est ce que l'on aperçoit en premier quand on découvre un nouveau pays : n'en déplaise au dicton, "l'habit fait le moine" !
    Chaque vêtement exprime une identité, un statut social. Hmong ou Yao, Indien Rabari ou Yoruba du Bénin, Kuna panaméen ou Quiché guatémaltèque ... : au Vietnam ou ailleurs, on croise au fil de ses voyages des gens simples, au quotidien rude, mais qui témoignent d'une élégance et d'un raffinement rares. Tisserands, teinturières, brodeuses, couturiers : tous cultivent la beauté et affirment la singularité de la région du monde où ils sont nés.
    A travers le récit de ses voyages, Catherine Legrand nous invite à découvrir le savoir-faire de ces créateurs anonymes, auxquels elle rend hommage et dont elle dévoile quelques secrets de fabrication (tissage, appliqué, indigo...).
    Ce livre, assemblé comme un beau vêtement qui serait composé de photos, d'échantillons, et de croquis, est une balade textile à travers le monde, de l'Asie au Bénin en passant par la Roumanie et l'Amérique centrale.
    Le styliste, le designer, la couturière ou le simple amateur de vêtements y puiseront leur inspiration ; le voyageur y trouvera des idées de destinations inédites.

  • La poésie de Guy Goffette, comme le suggère l'intitulé emblématique de l'un de ses premiers recueils, est vouée à une promesse qui n'est pas faite pour advenir mais pour figurer l'horizon sans cesse réinventé de la vie. Cette promesse, avec son environnement d'ardoise et de pluie, de forêts et de champs, acclimate en terres septentrionales ce que les Portugais appellent la saudade, cette nostalgie des choses qui dans le futur n'arriveront pas, tandis qu'elle submergent le présent de désirs et de songes éveillés.
    L'énergie qui est à l'oeuvre ici s'apparente à celle d'un désespoir fugace, vagabond, presque dilettante. Il y a chez Goffette, en chaque poème et surtout en chacune des suites qu'il affectionne, un appel, une ferveur, une blessure, une impatience à être, parfois teintée d'ironie voire d'autodérision, avec toujours l'amour le plus physique pour sensuelle sauvegarde.
    Les sonorités, le rythme, les scansions qui lui sont si personnelles, même quand affleure ce goût verlainien de la mélancolie au refrain, créent un charme singulier, un envoûtement d'oreille et de coeur. Car la détresse d'Un manteau de fortune sait sourire in extremis, car L'adieu aux lisières n'a rien d'un abandon définitif, car le Tombeau du Capricorne s'impose comme l'une des plus belles célébrations de l'amitié en poésie.

  • La nuit je regarde ton cou et je veux le serrer comme tu voulais m'étrangler par terre dans la cuisine Tel un journal de la condition féminine contemporaine, les textes de Sofi Oksanen donnent à voir les violences conjugales dans tout ce qu'elles ont de plus cru, pour mieux les dénoncer. Adoptant un ton volontairement féroce et teinté d'humour noir, l'auteure fait la lumière sur les injustices quotidiennes que subissent les femmes. Elle renverse l'image récurrente de la femme victime, laissant place à l'idée de vengeance, le bras armé d'un couteau de cuisine.

    C'est un cri saisissant, habituellement étouffé, qui résonne ici haut et fort.

  • la costumière

    Patrick Mcgrath

    Janvier 1947. Londres est en ruines, il n'y a rien à manger, et c'est l'hiver le plus froid qu'on ait connu de mémoire d'homme. Pour ne rien arranger, Charlie Grice, immense acteur de théâtre, vient de mourir brutalement, en pleines représentations de «La Nuit des rois». Accablée de chagrin, sa veuve, Joan, costumière-en-chef, tombe passionnément amoureuse de sa doublure dans la pièce, persuadée que ce nouveau Malvolio abrite l'âme de son époux. Jusqu'au soir où elle découvre le terrifiant secret de Gricey. Projetée dans un nouvel univers de ténèbres, Joan comprend que le fascisme peut bien se cacher, il ne meurt jamais. Un roman parfaitement envoûtant, d'une élégance d'écriture rare.

  • la robe blanche

    Nathalie Léger

    En 2008, la jeune artiste Pippa Bacca a décidé de se rendre en autostop de Milan à Jérusalem en robe de mariée, pour porter un message de paix dans les pays en conflit. Mais elle sera violée et assassinée par un homme qui l'avait prise en voiture au sud d'Istanbul. Candeur ou sacrifice ? Ce qui bouleverse et captive Nathalie Léger dans cette histoire vraie, c'est la volonté de l'artiste de réparer par son voyage quelque chose de démesuré et qu'elle n'y soit pas arrivée. Cette ambition trouve un écho dans la vie personnelle de l'écrivaine. Car sa mère attend d'elle la même chose : de réparer son histoire blessée en lui faisant raconter son mariage, exposer l'injustice de son divorce. Le père, l'ayant quittée dans les années 1970 pour une autre femme, avait réussi à faire prononcer leur divorce à ses torts exclusifs, à elle, l'épouse abandonnée. La mère demande à sa fille d'écrire l'ordinaire de ce qui s'est passé, l'échec, l'abandon, la douleur. Mais si une robe de mariée ne suffit pas à racheter les souffrances de l'humanité, les mots pourront-ils suffire à rendre justice pour les larmes d'une mère ?

  • le châle

    Cynthia Ozick

    « Même les arbres semblaient épuisés : toutes les feuilles étaient tournées vers le bas et poudrées de poussière. » Dans un camp de concentration nazi, un garde découvre un bébé et le jette contre les barbelés électrifiés. Trente ans plus tard, Rosa, la mère de l'enfant, reçoit un paquet. À l'intérieur : le châle dans lequel elle cachait sa petite fille, Magda. En un instant, tout lui revient en mémoire : les cris, la faim, le froid. Mais aussi une question entêtante : comment vivre après l'inconcevable ?

  • Nos deux amis se préparent pour l'hiver. Maou se met en tête de tricoter elle-même une écharpe pour Monsieur Poussin. Elle tricote, elle tricote encore... et encore... Quand s'arrêtera-t-elle ? Car l'écharpe ne cesse de s'allonger et le cou de Monsieur Poussin n'est pas si gros !

  • Slip veut se baigner. Mais avant d'aller dans l'eau, il fouille dans sa poche. Il lui manque un truc. Mais quoi ? se demande Polo, le lézard. Oui, quoi ? se demande Cravate, l'opposum. Une serviette de bain ? Une glacière ? Une échelle ? Un cactus ? Les amis défilent, l'heure tourne. Et toujours impossible pour Slip de remettre la main sur son...

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